Artisans de l’ONF

Fureter

Ushev Théodore

Portrait Ushev Théodore

Né à Kyustendil, en Bulgarie, en 1968, Theodore Ushev est diplômé de l'Académie nationale des beaux-arts de Sofia. Il se fait d'abord connaître comme affichiste dans son pays d'origine avant de s'installer à Montréal, au Canada, en 1999. Il y acquiert rapidement une réputation de cinéaste d'animation prolifique et doué. De 1999 à 2004, il réalise une dizaine de courts films destinés à être diffusés sur Internet, où il exploite le site <mortadellatv.com>. Au cours de cette période, il explore quantité de styles graphiques : Aurora (1999) cite les avant-gardes soviétiques, Dissociation (2001) et Well-tempered Heads (2003) évoquent habilement la gravure sur bois, les trois films de la série Needles (2002) ainsi que au caractère délibérément informatisé, tandis que Walking on by... (2003) exploite un crayonné léger et rapide tout en souplesse. Allégorie rappelant le mythe de Sisyphe, Time is... (1999) combine un coup de pinceau franc et des textures de lavis. Le film s'inscrit d'ailleurs clairement dans la foulée du cinéma d'animation est-européen d'avant la chute du mur de Berlin. Première collaboration d'Ushev avec l'Office national du film du Canada (ONF), Vertical (2003) vient clore cette période par un hommage à Jan Lenica.

En 2005, Ushev amorce une trilogie explorant librement le lien entre les avant-gardes artistiques et les dérives idéologiques et artistiques du 20e siècle. Les deux premiers volets de cette oeuvre - Tower Bawher (2005, six prix) et Drux Flux (2008, quatre prix) - obtiennent un succès considérable. S'inspirant de pièces musicales célèbres - de Georgy Sviridov dans le premier, d'Alexandre Mossolov dans le second), le cinéaste cite, réorganise et recadre des signes provenant de l'architecture, des arts visuels et du cinéma constructiviste (Tower Bawher) ou futuriste (Drux Flux). En parallèle à ce travail, il réalise deux autres films personnels : L'homme qui attendait (2006, trois prix) et Tzaritza (2006, deux prix). Dans le premier, adaptation de Kafka, il renoue avec le style développé dès l'époque de Dissociation. Dans le second, un film pour enfants, il élabore un style graphique opulent et dynamique à partir de l'assemblage d'éléments divers (dessins, photographies, objets, etc.), donnant à l'ensemble un caractère proche du papier découpé. Racontant la relation d'une fillette avec sa grand-mère bulgare, le film permet à Ushev d'aborder pour la première fois le thème de l'immigration.

Se distinguant par son vif intérêt pour les nouvelles plateformes de diffusion, il signe en 2006 le très court métrage Sou, destiné aux téléphones portables, avant d'être l'animateur principal du film stéréoscopique ambitieux, Les journaux de Lipsett (2010), biographie imaginaire du célèbre cinéaste expérimental canadien, d'après un scénario de Chris Robinson, avec lequel le cinéaste avait déjà collaboré en illustrant l'ouvrage Ballad of a Thin Man, in Search of Ryan Larkin (AWN Press, 2008).

Flmographie

2003 BOF (Mortadellatv)
2004 Vertical (ONF)
2005 Tower Bawher (ONF)
2006 L’homme qui attendait (ONF,
Valkyrie films)
2006 Tzaritza (ONF)
2006 Sou (ONF)
2008 Drux Flux (ONF)
2010 Yannick  Nézet-Séguin : Sans entracte
(ONF)