Artisans de l’ONF
Fureter
Tlili Najwa
Après avoir obtenu une licence en lettres anglaises de la Sorbonne, Najwa Tlili se tourne vers le cinéma. Elle s'inscrit alors à des stages en montage vidéo et films. De retour en Tunisie, son pays d'origine, elle travaille à la radio, fait du montage vidéo, de la distribution de rôles et participe, à titre d'assistante réalisatrice à la production de plusieurs films. Ces expériences l'amènent à explorer différents genres, dont le documentaire, la fiction pour enfants et le téléroman.
En 1991, elle décide de s'établir au Québec pour y poursuivre sa carrière. Cinéaste engagée, elle s'intéresse à la situation de la femme, en particulier à celle de la femme arabe qu'elle décrit avec une sensibilité qui n'exclut pas la lucidité. Femme d'action, elle recherche les occasions de rencontres et d'échanges avec les autres. Ainsi, dès son arrivée au pays, elle collabore à l'organisation du festival Vues d'Afrique. Poursuivant sa formation, elle s'inscrit à des stages de scénarisation, d'écriture de films et d'esthétique à Parlimage, ainsi que de montage son à l'Office national du film du Canada, tout en scénarisant et en réalisant son premier film, Héritage, une coproduction canado-tunisienne. Ce court métrage de fiction, qui raconte le voyage intérieur d'une immigrante tunisienne au pays de la mémoire, recoit, en 1994, le prix Images de femmes aux Journées du cinéma africain et créole de Montréal. Le film est également sélectionné par le Festival francophone de Namur, en Belgique, le Festival d'Amiens, en France, et par les Journées cinématographiques de Carthage, en Tunisie. Toujours en 1994, elle publie Femmes d'images de l'Afrique francophone, le premier répertoire consacré aux femmes cinéastes de ces pays. À l'ONF, en 1995, elle est assistante réalisatrice, pour le Proche-Orient, du long métrage de Jennifer Kawaja, Beyond Borders, un documentaire consacré aux femmes arabes activistes.
Avec Rupture, son deuxième film en tant que réalisatrice, Najwa Tlili poursuit sa réflexion sur la situation de la femme arabe. La cinéaste s'attache, cette fois, au phénomène de la violence conjugale et aux dilemmes auxquels sont confrontées celles qui la vivent dans un contexte d'immigration.