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Labrecque Jean-Claude

Portrait Labrecque Jean-Claude

 19 juin 1938 - Québec
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Réalisateur, scénariste et directeur photo, Jean-Claude Labrecque est un incontournable du cinéma québécois. Dès l'âge de dix-huit ans, il s'initie à la caméra à l'Office du film du Québec, puis à l'Office national du film du Canada et devient un directeur photo recherché. C'est à ce titre qu'il collabore à la réalisation de plusieurs films phares des années soixante. Citons, entre autres, À tout prendre (Claude Jutra, 1963), Le chat dans le sac (Gilles Groulx, 1964) et La vie heureuse de Léopold Z (Gilles Carle, 1965). En 1965, il réalise son premier documentaire, 60 cycles, sur le tour cycliste du Saint-Laurent. Le film recoit le Prix du court métrage à Moscou.

Tout en travaillant à plusieurs films de ses collègues, il poursuit sa carrière de réalisateur, assurant également la direction photo des documentaires qu'il tourne, de même que les scénarios de ses fictions. Son nom figure ainsi sur plus de soixante génériques, dont une quarantaine à titre de réalisateur ou coréalisateur, sans compter trois séries télévisées. Ce qui le passionne : la vie du Québec à des moments significatifs. Il tourne ainsi La visite du général de Gaulle au Québec (1967) et coordonne le collectif Jeux de la XXIe Olympiade (coréalisateurs Jean Beaudin, Marcel Carrière et Georges Dufaux, 1977). Il conserve le même type d'intérêt dans ses films de fiction, qu'il s'agisse de la fermeture d'un village gaspésien dans Les smattes (1972) ou de la chronique de l'époque marquant la fin du duplessisme jusqu'aux événements d'octobre dans Les vautours (1975) et Les années de rêve (1984). Avec Jean-Pierre Masse, il crée un événement moteur de l'histoire littéraire, La nuit de la poésie, 27 mars 1970, qu'ils reprennent les deux décennies suivantes, réalisant trois films d'une valeur anthologique inestimable (La nuit de la poésie, 28 mars 1980 et La nuit de la poésie, 15 mars 1991). Il signe aussi des portraits sensibles, dont le bouleversant Marie Uguay (1982), celui d'une jeune poétesse emportée par la leucémie. Les documentaires qu'il réalise au cours de la dernière décennie évoquent, eux aussi, des moments importants de la vie culturelle du Québec : 67 bis, boulevard Lannes (1990) sur le séjour de Claude Léveillée chez Édith Piaf dans les années cinquante, André Mathieu, musicien (1993), la descente aux enfers d'un ancien pianiste prodige et L'aventure des compagnons de Saint-Laurent (1995) sur un tournant du théâtre au Québec. De 1976 à 1978, il occupe la présidence de la Cinémathèque québécoise et, de 1991 à 1993, celle des Rendez-vous du cinéma québécois.

Il réalise Anticosti au temps des Menier (1999) et À hauteur d'homme (2003), gagnant du Jutra du meilleur documentaire. Il continue à assurer la direction photo de plusieurs films, dont ceux de Bernard Émond (La femme qui boit et La neuvaine). Il reçoit le prix Albert-Tessier en 1992 et le prix Jutra-Hommage en 2008.

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