Artisans de l’ONF
Fureter
Lambart Evelyn
Encouragée par des parents artistes, dès son enfance Evelyn Lambart peint et fait de la photographie. Une fois ses études secondaires achevées, elle poursuit des études en art commercial au Ontario College of Arts.
Au sortir de l'école, elle travaille pendant un an et demi à faire des enluminures pour le Book of Remembrance, un travail délicat qui requiert une bonne main et un talent de coloriste. Ce travail lui donne la confiance nécessaire pour frapper à la porte de l'Office national du film qui l'embauchera en 1942.
À cette époque-là, seuls Norman McLaren et Guy Glover réalisent des films d'animation. Un jour, McLaren, qui travaille à des armoiries et des blasons, lui demande si elle peut l'aider. Son expérience de l'enluminure le lui permet. C'est ainsi que débute une des plus longues et des plus fructueuses collaborations entre deux cinéastes. Dans bien des cas, elle perfectionne les outils dont a besoin le cinéaste et lui suggère des matériaux pour donner des textures variées à ses films.
McLaren étant très occupé à mettre sur pied le département de l'animation, Evelyn Lambart travaille alors essentiellement aux cartes et diagrammes, des éléments essentiels de la série World in Action, qui devait se poursuivre jusqu'en 1945.
En 1947, elle entreprend son premier film, La Carte impossible (The Impossible Map), dans lequel elle peint les cartes géographiques sur des pamplemousses et, en 1949, réalise deux séquences de Alerte : science contre cancer.
Sa collaboration avec McLaren se concrétise surtout à partir de 1949 et de Caprice en couleurs/Begone Dull Care, un film innovateur dans lequel même la poussière de la pièce où il a été tourné a un rôle esthétique à jouer, puisqu'elle a servi de matériau sur la pellicule. Lambart explique leur collaboration de la facon suivante : "Norman avait un esprit mobile quand il s'agissait d'inventer des techniques d'animation. Il concoctait toujours du nouveau dans sa tête et avait toujours besoin d'aide d'une manière ou de l'autre. Or, tout ce qu'il faisait ou allait faire m'intéressait terriblement." Leur collaboration sera basée sur un respect mutuel; c'est pourquoi Lambart apparaît comme co-réalisatrice dans le générique de six des huit films qu'elle a faits avec McLaren.
Pendant ces années de travail avec McLaren, il arrive que Lambart réalise seule un film. Ainsi, en 1952, elle anime et réalise O Canada, dans lequel elle utilise le procédé de stéréoscopie. Au début des années 60, Lambart commence à penser à travailler uniquement à ses propres films. Elle privilégie le papier et le linoléum découpés, sur fonds colorés. Elle en réalisera sept: Fine Feathers (1968), The Hoarder (1969), Paradise Lost (1970), L'Histoire de Noël/The Story of Christmas (1973), Mr. Frog Went A-Courting (1974), Le Lion et la Souris/The Lion and the Mouse (1976) et Le Rat de maison et le Rat des champs (1980), tous finement ciselés, qui lui vaudront de nombreuses récompenses.
Bibliographie
Collectif, revue ASIFA-Canada, numéro spécial consacré à Evelyn Lambart, vol. 15, no. 3, janvier 1988, Montréal, p. 1 à 9.