Artisans de l’ONF

Fureter

Brittain Donald

Portrait Brittain Donald

June 10, 1928, Ottawa, Ontario
July 21, 1989, Montreal, Quebec
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"Since they went to the trouble to invent the "talkies", I figured I might as well make some noise." (Traduction libre: Ils se sont donnés assez de mal pour inventer le parlant, autant en profiter pour faire un peu de tapage.)

"An artist enters eagerly into the life of man, of all men. He becomes all men in himself. The function of the artist is to disturb. His duty is to arouse the sleeper, to shake the complacent pillars of the world. He reminds the world of its dark ancestry, shows the world its present, and points the way to its new birth. He makes uneasy the static, the set and the still." (Traduction libre: L'artiste se donne et s'abandonne. Il entre avidement dans la vie de l'homme, de tous les hommes. C'est le grand dérangeur; il a pour mission de réveiller l'endormi, d'ébranler les assises d'une société trop satisfaite. Il rappelle au monde son obscure origine, lui fait voir son présent et lui indique la voix d'une naissance nouvelle. Il trouble ce qui est statique, figé, fixé.) (Extrait de Bethune, héros de notre temps).

Donald Brittain poursuit des études à l'Université Queen's à Kingston, Canada, avant de travailler commer reporter aux affaires policières à l'Ottawa Journal, de 1951 à 1954. Son travail de correspondant à l'étranger l'amène à voyager fréquemment en Europe, au Mexique et en Afrique.
Il entre à l'ONF en 1955 en tant que stagiaire en scénarisation. L'amour qu'il voue à l'écriture ne se démentira jamais. Cet amour des mots et le soin qu'il mettra dans le choix de ses images feront un beau mariage dans ses films, durant toute sa carrière. C'est avec Fields of Sacrifice/Champ d'honneur (1963), son premier grand film, qu'il s'imposera enfin comme cinéaste. Au cours de ses premières années à l'ONF, Brittain réalisera quelques-uns de ses films les plus importants, notamment Bethune, héros de notre temps, Ladies and Gentlemen... Mr. Leonard Cohen, Never a Backward Step et l'inoubliable Memorandum/Pour mémoire, un rappel émouvant des camps de la mort de l'Allemagne nazie.

En 1968, il est invité à créer le spectable multimédia Tiger Child dans le cadre de l'Exposition d'Osaka qui aura lieu en 1970. À partir de ce moment-là, Brittain travaillera comme pigiste. Il réalisera la plupart de ses films dans le cadre de coproductions entre l'ONF et le réseau anglais de Radio-Canada (CBC). Parmi les films faits entre 1968 et 1976, on remarque l'une de ses oeuvres majeures : Volcano: An Inquiry Into the Life and Death of Malcolm Lowry/Le Volcan (Une réflexion sur la vie et l'oeuvre de Malcom Lowry). Ce film sera mis en nomination pour un Oscar et remportera six prix au Festival du Film canadien, en 1976. D'autres films retiennent également l'attention : Henry Ford's America, Paperland: The Bureaucrat Observed, The Dionne Quintuplets et Something to Celebrate.

Les dernières années de sa carrière seront très productives et donneront surtout des œuvres de fiction et de docu-fiction de grande envergure : Canada's Sweetheart: The Saga of Hal C. Banks (1985) et The Champions, une mini-série de trois films portant sur les vies de René Lévesque et de Pierre Elliott Trudeau, réalisée en 1986. Cette année-là, il signe Eartwatch, un film révolutionnaire en 70mm, pour le pavillon canadien à l'Expo 86, à Vancouver. Mais son plus ambitieux projet est sans conteste la série télévisée The King Chronicle, tournée en 1987-88, qui relate la remarquable carrière de l'ex-Premier ministre William Lyon Mackenzie King.

L'ensemble de sa production est variée et éclectique par ses sujets, mais la main du maître est présente dans chaque film et l'on y retrouve toujours cette humanité si propre au cinéaste. Il élève les petits et ramène les grands à leur dimension d'hommes ordinaires. Le flair journalistique de Brittain pour les sujets d'intérêt général et son habileté à structurer des matériaux épars ont provoqué l'éclosion d'une véritable "nouvelle vague" au plan du documentaire. Mais son talent demeure inégalé. Il a su brosser des portraits légers, vivants, pleins de surprises, jamais ennuyeux, de personnalités aussi diverses que John Grierson , Léonard Cohen, le Dr Norman Bethune, Henry Ford II et Malcolm Lowry pour n'en nommer que quelques-uns. Ses portraits vont parfois au-delà de l'individu et brossent un tableau politique, social ou historique du pays (The Champions).

Ses films ont fait l'objet de rétrospectives majeures au Musée d'art moderne (MOMA) de New York, au Los Angeles Museum, à l'Université Harvard et à Frankfurt, en Allemagne de l'Ouest. Ils ont été présentés dans les plus grands festivals du monde et ont remporté plus de 70 prix. Trois des productions qu'il a scénarisées et réalisées ont été mises en nomination pour des Oscars.

En 1987, il recoit un doctorat en lettres, honoris causa, de l'Université York. À cette occasion, le recteur de l'université déclare: "Brittain, like Mozart, has never sought to do things differently from his predecessors, only better. Above all else, Donald Brittain is a Canadian filmmaker who has shown us how to position the events of our past, how to understand them, and how to remember them, with that blend of humane compassion and ironic detachment which is so uniquely Canadian." (Traduction libre: Brittain, comme Mozart, n'a jamais cherché à faire les choses différemment de ses prédécesseurs, seulement de les faire mieux. Par-dessus tout, Donald Brittain est un cinéaste canadien qui nous a montré dans quel contexte replacer les événements de notre passé, comment les comprendre et comment nous en souvenir, avec ce mélange de compassion et de détachement ironique si typiquement canadien).

En 1989, la section new-yorkaise de la SMPTE (Society of Motion Picture and Television Engineers) lui décerne la Médaille d'Or internationale John Grierson pour avoir écrit, produit et réalisé certains des documentaires canadiens les plus marquants. En 1990, à titre posthume, il est fait Chevalier de l'Ordre du Canada pour son oeuvre visuelle magistrale sur notre passé culturel et social. À neuf reprises, il a été sacré meilleur scénariste-réalisateur et, à deux reprises, meilleur écrivain et réalisateur télé.

L'Office national du film du Canada lui a consacré un livre et un film. Il s'agit respectivement de Donald Brittain - Never The Ordinary Way, l'œuvre d'un collectif, et de Brittain on Brittain, une compilation vidéo de treize de ses documentaires agrémentés d'entrevues avec Donald Brittain, une réalisation de Ray Harper (1992).

» Lire aussi

Donald Brittain sur Wikipedia
http://fr.wikipedia.org/wiki/Donald_Brittain

Donald Brittain at IMDB.com
http://www.imdb.com/name/nm0110086/ 

» Visionnez des films de Donald Brittain sur ONF.ca