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Jacques Drouin nous invite ici à une mémorable expérience sensorielle. Sur la surface de l'écran d'épingles, il imprime ses désirs et ses intuitions, se lançant dans un corps à corps passionné avec son instrument préféré. Il positionne aussi la caméra et les éclairages, de façon à révéler le relief formé par les épingles, et fait pivoter l'écran à maintes reprises pour nous faire découvrir les images qui se cachent derrière cette barricade mystérieuse. Les modulations réitératives d'un rondeau au clavecin de François Couperin donnent à cette oeuvre sa forme et sa respiration. Résultat : l'invention d'Alexeïeff, emportée dans un tourbillon créatif, apparaît sous un jour nouveau. Au début du film, Jacques Drouin s'installe devant l'écran d'épingles, tel un musicien devant son clavecin, s'apprêtant à y laisser ses empreintes. Quand s'amorce l'animation, les épingles et la musique se répondent et vibrent à l'unisson comme les rimes d'un poème. Empreintes est un film d'amour sur un objet beau et précieux comme un clavecin, réalisé par un cinéaste au sommet de son art.

2004, 06 min 03 s

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